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En dehors des hautes plaines steppiques ou des plaines et plateaux sahariens, la montagne, qu'elle soit bordière de la méditerranée, intérieure ou saharienne, est partout présente en Algérie. Elle modèle les paysages et suscitent de violents contrastes naturels, et fut le creuset des cultures, de l'histoire et de l'économie du pays.

Après l'indépendance, les montagnes ont vu leur place économique et culturelle s'amenuiser, alors que globalement leur population continue d'augmenter (montagnes telliennes : 30 habitants au km2 fin XIX°, 75 habitants au km2 début des années 1980).

Caractérisées par le surpeuplement et le microfundisme, elles sont les principales poches d'extrême pauvreté et d'émigration (ressource essentielle en Kabylie). Le recours au défrichement forestier, le développement d'une céréaliculture extensive, l'abandon des minutieuses techniques d'irrigation et de drainage, le surpâturage excessif et l'ouverture commerciale très limitée, compromettent l'équilibre fragile des systèmes agropastoraux et des espaces naturels.

En ce début de XXIième siècle, la pauvreté des populations de montagne atteint des seuils extrêmes qui nécessiteront l'intervention de l'Etat à travers des programmes de développement et des aides aux plus démunies. Mais ces mesures salutaires qui ont pour principal objectif l'éradication de la pauvreté ne traitent pas globalement de la crise des zones de montagne.

Il aura fallu attendre l'année 2004, pour que l'Algérie, conformément aux résolutions du chapitre 13 de l'Agenda 21 (Conférence des Nations Unies sur l'Environnement et le Développement, Rio de janeiro, 1992), et aux résolutions du sommet de la terre (Johannesburg 2002), mette en place la loi (loi N° 04-03 du 23 juin 2004) relative à la protection des zones de montagnes dans le cadre du développement durable.

La mise en application de cette loi devrait permettre de corriger les handicaps de la montagne, réduire la pauvreté, améliorer les conditions de vie des populations défavorisées, diminuer la pression sur les ressources naturelles et la biodiversité, et promouvoir les capacités des acteurs locaux en matière de développement endogène.

 

 
 

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© Terres de Montagne 2008